S’approchant de moi de sa démarche féline, il me regarde l’œil doux, mi-fermé, mi-souriant.
Le pas est un peu lent, chaloupé, hésitant. Il se veut indolent. Ma bête, ce nonchalant, me la joue
languissant.
Un baillement le prend, si présent, si vivant, qu’il lui faut dans le même temps s’étirer de toute sa langueur ;
pattes avant loin devant, cul en l’air de candeur, jouant des reflets du soleil dans son poil abondant. Ma bête, ce généreux, aime à se pavaner, son pelage opulent se dardant, débordant, jusque
sur mes tapis...
Se redressant alors, lentement, il tend, l’une après l’autre, ses pattes arrières. Cela prendra moins de temps, tout
juste un instant, celui de laisser ses griffes s'écarter afin de capturer le ciel entre chacun de ses coussinets.
Ceci fait, je me détend.
Il s’assied enfin sur son petit cul poilu, les pattes rangées en un carré bien serré, enserrées, protégées du cocon
défenseur de sa queue en plumeau. Sa livrée vole au vent complaisant le transformant ainsi en un petit ange décoiffé, m'attirant sans réserve, le nez tendu, implorant.
Et se léchant les babines, ostensiblement, il penche la tête, imperceptiblement. Il me fixe, m’amadouant, de ses
grands yeux, clignant.
Ma bête, cet exigeant, est affamée. C'est déplaisant.
Pour les impromptus sur le thème de la semaine : la bête en incluant au texte au moins un animal.
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