Lundi 29 juin 2009

S’approchant de moi de sa démarche féline, il me regarde l’œil doux, mi-fermé, mi-souriant.

Le pas est un peu lent, chaloupé, hésitant. Il se veut indolent. Ma bête, ce nonchalant, me la joue languissant.


Un baillement le prend, si présent, si vivant, qu’il lui faut dans le même temps s’étirer de toute sa langueur ; pattes avant loin devant, cul en l’air de candeur, jouant des reflets du soleil dans son poil abondant. Ma bête, ce généreux, aime à se pavaner, son pelage opulent se dardant, débordant, jusque sur mes tapis...


Se redressant alors, lentement, il tend, l’une après l’autre, ses pattes arrières. Cela prendra moins de temps, tout juste un instant, celui de laisser ses griffes s'écarter afin de capturer le ciel entre chacun de ses coussinets.


Ceci fait, je me détend.


Il s’assied enfin sur son petit cul poilu, les pattes rangées en un carré bien serré, enserrées, protégées du cocon défenseur de sa queue en plumeau. Sa livrée vole au vent complaisant le transformant ainsi en un petit ange décoiffé, m'attirant sans réserve, le nez tendu, implorant.


Et se léchant les babines, ostensiblement, il penche la tête, imperceptiblement. Il me fixe, m’amadouant, de ses grands yeux, clignant.


Ma bête, cet exigeant, est affamée. C'est déplaisant.



Pour les impromptus sur le thème de la semaine : la bête en incluant au texte au moins un animal.

Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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Vendredi 5 juin 2009

Il s'est dépêché de disparaître avant que l'erreur ait un visage.
      
Il avait « juste préféré » tout laisser en plan là où c'en était arrivé.
S'il restait, il ne serait qu'un poids supplémentaire pour elle.
    
Si longtemps qu'il y pensait, sans arriver à se décider.
Si longtemps qu'ils se regardaient en chiens de faïence sans plus se parler.
Si longtemps qu'il l'observait à la dérobée et qu'il saisissait cet air de tristesse intense, de lassitude pleine de violence sur ces traits pourtant si doux avant, si grand d'allégresse, si plein du bonheur de leur futur riche et à écrire, si lourd de leur léger ensemble.

    
Tout cela pour rien depuis « l'accident ».

    
Alors, un soir de plus à la lueur artificielle des néons profondément ancrés au plafond, autant que dans ses iris décolorés du bleu pétillant au gris ciel de pluie, il avait « décidé » de fuir plus loin.

    
Loin d'elle.

     
Mais surtout loin de lui et du visage de l'erreur.
Parce qu'elle, elle continue de venir chaque soir.

    
Le corps à parfois ses raisons que le coeur ignore. Et l'âme plus encore.
Et la volonté n'a rien à y voir.


Sur le thème de la semaine des impromptus : écrire un texte qui début par lincipit suivant : "Il s'est dépêché de disparaître avant que l'erreur ait un visage".

 

Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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Mercredi 13 mai 2009

Sur le thème de la semaine des Impromptus : une petite musique de vie où il convenait de s'inspirer par une valse de Ryuichi Sakamoto et de partager nos émotions, notre ressenti, nos rêveries, et toujours en vers ou en prose.

 



 

ai-je une petite musique de vie ?

de celle qui me porterait, ainsi

d’hier à demain, sans bruit

 


serait-elle

le son de mes pas

sur notre chemin

l’éclat de ta voix

dans mon sein

le silence de mes regrets

vains

 


ou peut être

au matin, ton sourire

par mes baisers, éveillé

nos crises de fou rire

de notre complicité, nées

ou la montée du désir

de ta main, sur ma hanche, posée

 


elle pourrait également être composée

de fausses notes, couacs et autres ratés

venus du dedans

venus du dehors

 


elle serait alors

les journées noires

qu’on a dû essuyé

qui depuis nulle part

nous ont agressés

emportant avec elle

des bouts de moi

des bouts de toi

 


et toutes ces pertes

qu’on ne saurait remplacer

parce que la vie est ainsi faite

elle creuse elle-même son tracé

remplie de vide, de creux

parfois de plein et de délié

à même ma peau

à même la tienne

 


et elle pourrait encore être constellée

de mes nombreux doutes, animée

constamment renouvelée

en déroute

mais sachant toujours retrouver

le cocon rassurant, de ta main

qu’à chaque instant, tu me tends

 


après tout donc je dirais : oui

j’ai une petite musique de vie

de celle qui me porte, ainsi

d’hier à demain, sans bruit

Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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Vendredi 1 mai 2009
En forme de marché, je ne sens que mes neurones qui flânent de droite, de gauche, fouillent, cherchent, tout retournent pour au sein de tout ça ne trouver rien de bien intéressant à vous livrer.

Ils ont, cependant, beaucoup déambulé, tout secoué. Tous mes cortex sans exception. Même jeter les uns contre les autres. Du diencéphale au télencéphale, ils ont noué et dénoué, jusqu’à tresser, mon système nerveux pour voir si par hasard - le plus grand - la réaction en serait d’une quelconque utilité ''but… Nada'' !

Rien que de la bagatelle artificielle, quelques fadaises niaises, un néant fumant, frivole, bééééaaannnt.  Poussière d’inanité et baliverne inanimée. Ma tête est pauvreté, indigence et pénurie. Tout cela à la fois, pourtant.

C’est la dèche, quoi !

Et de ce vide futile à ma misère littéraire, il n’y avait qu’un pas de puce que je viens de franchir…

Voui, voui, je sors…



Hors sujet à partir du thème de la semaine des Impromptus.

Par PriscaCoune - Publié dans : Divagation orientée
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Lundi 20 avril 2009

Grosse et grasse, je traverse la vie lentement, d’un pas lourd, tête basse, yeux vissés sur mes pieds, apte à ne croiser aucun regard de pitié.

Pas assez vite, car ralentie, essoufflée, pour fuir suffisamment cette voix, la mienne, intérieure, de colère, ne sachant que me cracher des insultes que je préfère endurer plutôt que de ne pas manger cette barre chocolatée.


Et pourtant que crois-je trouver dans un estomac débordant, tant et si bien que mon cœur affleure au bord de mes lèvres sans jamais réussir à les dépasser ? Qu’essais-je de faire à m’étouffer et m’empâter à n’en plus bouger ?


M’oublier, m’enfoncer, me perdre, fuir, disparaître à l’intérieur de moi-même. Atténuer la conscience de l’extérieur en me camouflant à l’intérieur.


Ce n’est pourtant pas si compliqué…


Alors pourquoi ai-je encore plus conscience de moi-même et des autres, de mon immobilisme et de leur pitié.


Je suis grasse et alors ?! N’est-ce pas mon problème si je ne sais comment m’habiller ? Au moins, maintenant, je sais pourquoi je ne peux plus avancer ! J’étouffe pour une raison visible même si elle encombre.


Et aujourd’hui plus encore je voudrais que l’on m’oublie. Mais aujourd’hui plus encore on veut m’aider. « Cette fille a un problème » pense t’on et on a raison !


Je suis lasse en plus d’être grasse et je voudrais qu’on me laisse en paix.



Donné en partage aux Impromptus sur la consigne de la semaine : cette semaine vous raconterez une histoire de régime, drôle ou tragique, efficace ou vouée à l’échec, de bananes ou de compte-tours.
***
Dépôt SGDL n°2008.05.0267

Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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