Les feuilles mortes…
Quoi ? Les feuilles sont mortes !
Voui, elles sont mortes, les feuilles. C’est l’automne, tu sais : drôle de saison pleine de couleurs ;
celle des feuilles qui meurent ; celle des arbres qui, rendant leurs dernières feuilles, s’effeuillent.
Mouais, pas top top ça. Je ne t’en veux pas, ni rien mais là ça ne me plaît pas. T’as pas d’idées ou quoi
?
J’avoue je n’en ai pas à la pelle des idées. Pas plus à l’appel. Regarde, j’appelle : Idées, idées ? …
Mais rien ne vient. A moins…
A moins que quoi ? Laisse, va. Tu ne sais qu’en faire alors ne fais pas. Le prochain appel des Impromptus
donnera peut être un coup de pelle à tes idées. Enfin, non, un coup de pouce, désolée.
J’sais pas. Peut être. Pourtant, ces feuilles mortes, là, sur le trottoir, qui s’amoncellent, auraient bien besoin
qu’on les débarrasse. Elles pourrissent par cette eau, forment une couche épaisse qui me colle à la peau, et noircissent et le vrai, et le faux…
Ce qui est sympa c’est que t’as l’air d’avoir la pêche en plus. Secoue-toi ! Tu me donnes envie de te donner
des coups de pielle au cul !
Tu veux dire des coups de pied ?
Coup de pied, coup de pelle, qu’est-ce qu’on s’en fout ! Tu vois l’idée, quoi !
Au moins, un de nous a des idées. Ça me désole car je voudrais en faire une chanson qui dirait l’amour quand il
n’est plus là, les souvenirs qu’on en a et les regrets que toujours on verra ; débarrassés ou pas.
Je vois, oui…
Non, tu ne vois pas ! Tu ne peux pas ! La mer a effacé leurs pas…
J’entends, oui…
Non, tu n’entends pas ! Ce n’est pas possible : le temps, la vie séparent sans bruit…
Mouais, bon heu, moi, j’en ai marre ! Tu veux être désagréable, sois-le mais pas avec moi. Ah ! Muse-toi
donc tout seul, Jacques, hein !
(Et la muse s'en va en claquant la porte. Comme quoi...)
Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : débuter son texte par Les feuilles mortes.