Il y a des bêtes qui se posent sur mon plafond. Elles ont de petites ailes, comme des coudes, une longue queue et de grands yeux noirs. Elles sont posées là, ne bougent pas, me regardent, je crois.
Dès que j’ouvre les yeux, je les vois. Elles ne s’en vont pas.
Je n’ai pas bu, ni fumé, ni quoi que ce soit. Elles sont là, je vous dis. Elles se posent puis ne s’envolent plus. Je crois qu’elles sont mortes, qu’elles se sont desséchées.
Elles m’angoissent à ne plus s’en aller. Pour les faire partir, je suis obligée de les aspirer.
Parce que dès que j’ouvre les yeux, elles sont là et avec elles débarquent la corolle des mauvaises pensées, comme si elles étaient porteuses de mes années et de mes mortes idées.
Elles sont partout sur mes murs. S’imposent dès mon levé sur ma joie, déjà morte née.
D’où viennent-elles ? Qui sont-elles ? Pourquoi chez moi ?!
Si encore elles se fondaient dans le décor de mon papier ! Mais non il faut qu’elles se fassent remarquer, qu’elles paradent sans bouger, qu’elles me regardent les yeux fermés.
Je n’ai rien bu, ni fumé, ni quoi que ce soit. J’ai bien dormi, pas cauchemardé. Je me sentais reposée. Et les v’là avec la corolle de mes mauvaises pensées qui se précipitent sur mon humeur de nouvelle réveillée apte à entamer la journée et pourtant déjà repoussée dans le monde de mes peurs innées.
Elles sont bien renseignées…
Ce matin encore…
Mais demain sera différent. Je vais les aspirer. Demain sera différent. C’est obligé…
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
NULLA DIES SINE
LINEA
