Samedi 14 juin 2008

Il y a des bêtes qui se posent sur mon plafond. Elles ont de petites ailes, comme des coudes, une longue queue et de grands yeux noirs. Elles sont posées là, ne bougent pas, me regardent, je crois.


Dès que j’ouvre les yeux, je les vois.  Elles ne s’en vont pas.


Je n’ai pas bu, ni fumé, ni quoi que ce soit. Elles sont là, je vous dis. Elles se posent puis ne s’envolent plus. Je crois qu’elles sont mortes, qu’elles se sont desséchées.


Elles m’angoissent à ne plus s’en aller. Pour les faire partir, je suis obligée de les aspirer.


Parce que dès que j’ouvre les yeux, elles sont là et avec elles débarquent la corolle des mauvaises pensées, comme si elles étaient porteuses de mes années et de mes mortes idées.


Elles sont partout sur mes murs. S’imposent dès mon levé sur ma joie, déjà morte née.


D’où viennent-elles ? Qui sont-elles ? Pourquoi chez moi ?!


Si encore elles se fondaient dans le décor de mon papier ! Mais non il faut qu’elles se fassent remarquer, qu’elles paradent sans bouger, qu’elles me regardent les yeux fermés.


Je n’ai rien bu, ni fumé, ni quoi que ce soit. J’ai bien dormi, pas cauchemardé. Je me sentais reposée. Et les v’là avec la corolle de mes mauvaises pensées qui se précipitent sur mon humeur de nouvelle réveillée apte à entamer la journée et pourtant déjà repoussée dans le monde de mes peurs innées.


Elles sont bien renseignées…


Ce matin encore…


Mais demain sera différent. Je vais les aspirer. Demain sera différent. C’est obligé…

Par PriscaCoune - Publié dans : Divagation libre
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Vendredi 13 juin 2008
Souvenir du futur pour La Petite Fabrique d'Ecriture où Je n'est pas moi pour une fois.

Je me souviendrai de tout...

Du fait que je n'étais pas la bonne. Non, ce n'était pas moi. La bonne il l'avait sous la main depuis 20 ans, ne croyait plus l'aimer et m'avait trouvé moi.

Je me souviendrai que de ce jour là, celui où nous nous sommes trouvés, il m'avait raconté monts et merveilles ; comment serait notre vie ; comment serait notre amour ; comment serait Nous. Parce que moi ce n'était pas pareil, c'était différent, mieux que la vie même, comme jamais depuis 40 ans. Son âge.

 Je me souviendrai que chaque nouveau jour était différent, nouveau car vital, tellement beau dans leur inutilité que nous ne savions plus nous en passer. Un besoin était né.

Je me souviendrai que la nuit était trop longue ; tellement que nous n'en dormions plus ; tellement que nous courions chaque matin pour se retrouver.

Je me souviendrai de chacune de nos conversations s'étirant en longueur sans que le temps passe ou sans qu'il s'arrête. De toute façon, le temps n'existait pas.

Je me souviendrai que nous nous bouffions du regard, toujours ; que nous sentions le froid dès loin l'un de l'autre ; que nous ne voyions uniquement qu'en la présence l'un de l'autre.

Comme si jamais nous n'avions aimé. Comme si avant nous n'avions pas été. Comme si en se voyant nous étions nés.

Je me souviendrai de tout ça ...

Je me souviendrai que moi, en tout cas, j'y croyais. Putain, oui, j'y croyais... Des étoiles plein les yeux, du bonheur plein le coeur et un ciel chargé d'avenir à deux, pour commencer.

Sauf qu'il avait oublié de me dire que nous étions trois dès le début. Le jeu était faussé et il l'avait toujours su.

Alors... Je me souviendrai qu'après m'avoir bien accroché, il m'avait sautée et était parti sans se retourner.

Parce que je n'étais pas la bonne. La bonne, il l'avait sous la main depuis 20 ans et après avoir pensé un temps ne plus l'aimer, il s'était rendu compte qu'il s'était trompé...

Je crois que je me souviendrais de tout. Et surtout du fait qu'il s'était "trompé ... désolé"...
Par PriscaCoune - Publié dans : Divagation orientée - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mercredi 11 juin 2008
Sur le rythme, j’impulse,
de ton cœur, j’expulse
mes douleurs, je relie
ton quotidien, ma vie.

Sur le rythme, j’impulse,
saccadé, ça pulse
de douceur, j’associe
ton quotidien, ma vie.


Et tu m’entraînes, sans mouvement,
et m’emportes, tendrement,
vers le battement, en harmonie,
d’un seul élan, d’une seule envie.


Sur le rythme, tu m’invites,
de ma nudité, tu bas la mesure,
de ma sensualité, tu suscites
mon appétit, mon désir pur.

Et… Sur le rythme, tu t’agites,
de notre ardeur, de notre nuit,
tu me conquis, m’anéantis,
retiens, expires puis jouis…



Texte dévergondé pour les Impromptus.
Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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Vendredi 6 juin 2008

Il l'étreint,
la retient,
en vain.

Elle le fait lâcher,
l'air lassée
et pressée.

Plus loin.

Elle a l'air triste et fatiguée,
prête à pleurer.
Comme en attente.

Mais personne ne vient.
Pourtant elle tient.
En vain.

Plus loin.

Il regarde au loin,
l'œil chafouin,
l'air serein.

Il pense à qui
quand il sourit ?
Je l'envie.

Plus loin.

Elle est perdue dans ses pensées,
la main sur le visage, posée,
l'air apeurée.

Comme si l'angoisse ne la quittait
plus et voulait lui arracher
son dernier souffle. Plaie...

Plus près.

De l'un à l'autre, je me ballade,
laissant mes impressions voguées,
fuyant les soubresauts et ratés
de mon petit cœur malade.

Plus près.

Son angoisse est la mienne.
Mon sourire s'est éteint.
Mon attente est aussi vaine.
Je le sais. Plus rien ne te retient.

Trop près...

Par PriscaCoune - Publié dans : Divagation libre
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Jeudi 5 juin 2008
La pièce était calme, trop calme, pour engager une conversation ou développer une pensée.

Tu veux vraiment commencer comme ça ?

En fait, je n’ai pas trop le choix.

Ça me paraît un peu impromptu comme idée.

Je le sais, j’te dis, mais je refuse de me débiner.

Le contraire m’eut étonné.
Pugnace tu es. Pugnace tu resteras.


Pugnace ? Qu’est-ce que c’est que cette bête là ?
Je comprends mieux quand tu me dis que je suis têtue.
Bon enfin, revenons dans cette pièce un peu trop calme.
Que pourrait-il bien s’y passer ?
Ni conversation, ni pensée.
C’est donc qu’elle est inhabitée.
J’y suis seule. Je me sens paralysée.
Mais qu’a bien t’il pu m’arriver
Pour que je n’ose presque plus respirer ?

Tu viendrais d’apprendre une mauvaise nouvelle.
De celle qui t’oblige à déconnecter.


Non. Marre de la tristesse. Je veux rigoler.
Cherchons encore. Je veux une réalité mais une belle.

Je te trouve bien compliquée aujourd’hui.
Tu sais bien que tu (d)écris mal le bonheur,
Que toi ce que tu sais écrire, c’est le malheur.


Ce n’est pas vrai ce que tu dis.
Regarde mon général, il sourit.
Je veux continuer dans cette veine
Et oublier, même un temps, toute cette peine
Que j’agite sous ma plume chaque semaine.

T’es sûre de toi ? Tu ne veux plus expulser ?
T’es sûre que ça ne va pas t’étouffer ?


Je n’en peux vraiment plus de toute cette colère.
Plus je la décris, plus elle me semble amère.
Plus je l’écris, moins je la digère.
Je veux l’oublier.

Mettons… Grand bien te fasse !
Et alors ensuite dans cette pièce, qu’est-ce qui s’y passe ?


Tu m’as perdu avec tes digressions.
Mon envie n’est plus vivace.
Je n’ai plus qu’à attendre le prochain thème, avec tout ça…
Mais soit prévenu : le règne de l’humour et de la douceur est enfin là !


Rédigé pour les
Impromptus.
Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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