Jeudi 19 juin 2008
Il éteint la lumière, s'apprête à quitter l'appartement, hésite, s'arrête sur le pas de la porte. Avait-il bien fermé la fenêtre ? D'où venait ce vent qu'il sentait sur sa joue ?
Etait-ce vraiment la bonne décision ?

Il se retourne, rentre de nouveau dans l'appartement et rallume la lumière. Il fait presque nuit tant le ciel s'est assombri.
Pourquoi se poser la question maintenant alors qu'il croyait avoir trouvé la réponse l'instant d'avant ?
Il fallait qu'il s'en aille. Il ne pouvait plus rester. Les choses avaient trop changé pour pouvoir être réparées. Sa place n'était plus ici, comme elle le lui avait signifié.

Il se penche pour ramasser un papier resté au sol. Ou peut être était-il tombé ?

Il y avait vraiment un courant d'air.

Il se dirige vers ce qui avait constitué leur chambre, de là où vient l'air. Il lui semble en tout cas.

Il lui semble qu'il ne peut plus rien y faire.

La pièce semble dévastée tant elle est propre et rangée. Comme s'ils n'avaient jamais existé ici. Comme dans un appartement témoin, un magazine de déco. Son appartement, mais plus encore leur chambre à coucher, n'étaient plus qu'une mise en scène estampillée "inhabitée".

La fenêtre est bien ouverte. Il avait oublié de la fermer. Ce fut fait.

Il s'en retourne vers l'entrée de la chambre et, sans un regard en arrière, ferme la porte lentement.

Il est temps de partir. Elle ne veut plus en entendre parler.

C'est à cet instant qu'il se rend compte avoir conservé le papier tombé à la main. C'est une lettre. Une lettre dont le papier est corné tant elle a été lue.
Cette lettre qui a tout avoué, tout chamboulé ; qui a voulu tout effacer.

Ce devait être le vent qui l'avait emportée au sol.

Elle lui demande de s'en aller, lui demande de ne plus être là quand elle rentrera, vendredi. Elle l'a congédié.

Impossible à comprendre. Hors de question de s'expliquer. Elle ne veut pas entendre : c'est fini, c'est tout.

Il faut qu'il sorte. Il commence à étouffer.

Il se précipite vers l'entrée, éteint la lumière aussi vite qu'il peut, ferme la porte à clef et dévale les escaliers.

Ce n'est qu'une fois dehors, qu'il se prend à respirer de nouveau.

Il reste interdit un instant. Vide.

Puis il s'en va, tête basse, le visage baigné de larmes de solitude et la tête pleine d'une seule question :


Comment (re)commencer quand on ne sait pas finir ?




Ecrit pour la consigne 42 d'Ecriture Ludique : A partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", il s'agit d'écrire un texte qui viendra s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) :

fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.

Par PriscaCoune - Publié dans : Ecriture Ludique - Communauté : Ecriture Ludique
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