Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 07:07

Une année de chemin parcouru me sembla, à sa vue, anéantie. Etonnant de voir qu’après tout ce temps, elle était encore capable en un instant de susciter en moi l’envie de creuser un trou si profond que l’on ne me verrait plus. Je ne m’y étais pas préparée, ayant l’espace d’un instant oublié qu’à tout moment elle pourrait être présente. Avec le temps, on oublie même le pessimisme.
Cela m’avait donc d’autant surprise de la voir devant moi : matérialisée, là, sans prévenir, bien réelle, impossible à dissiper. Et sans rien pouvoir y faire, je me suis plus que jamais contractée. Retournant en arrière, au temps où je ne savais plus gérer, ni moi, ni les autres, en un temps où mon esprit était barré.
Après tout ce temps passé à me (re)construire, à m’envisager, elle avait encore ce pouvoir, celui que je lui avais alors laissé, que je croyais avoir recouvré, mais que de sa seule présence elle recouvrait : m’effacer, m’écraser, me faire entrer en moi-même pour m’y cacher.
Une grande froideur m’a alors envahie ; si large, si étendue, qu’elle ne pouvait que me déborder, et ainsi rayonner pour l’atteindre ; ma haine d’elle-même et par ricochet de moi-même de ne savoir me contrôler. En une minute, j’étais pantelante et ne savais comment le cacher. Impossible de l’ignorer puisqu’elle est venue à moi sans ciller.


Et maintenant ?


Je ne tremble presque plus mais ressens comme une amertume mélangée de regret : ma très grande faute de ne pas avoir eu la présence d’esprit de sourire avant de l’ignorer. Cela aurait été une revanche sur mon immaturité d’alors.
Drôle d’expérience dont je ne sais quelles conclusions tirer. La stabilité est une bien fragile construction. Comme un château de cartes qu’il avait simplement fallu souffler. La confiance durement acquise me fait d’un coup temporairement et affreusement défaut, de nouveau remplacée par mon ancienne culpabilité ; que je croyais pourtant avoir définitivement congédiée, en même temps qu’elle.
De bonnes vieilles sensations m’envahissent, de celle que je regardais il y a peu avec une nostalgie amusée, comme un vieux problème enfin réglé. Mettons que dans quelques jours cela sera passé. Et que la prochaine fois, je saurais la gérer.


La bêtise humaine ne connaît aucune borne. Surtout chez moi.


Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : l'évènement décrit dans un texte usant de la phrase Fallait bien que ça arrive.

Par PriscaCoune - Publié dans : Les Impromptus
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