NULLA DIES SINE
LINEA
Boudiou ! On se les gèle ici. Il est quelle heure ? Ah ouais, quand même. J’comprends pourquoi il ne fait
pas encore jour. Hey les potos, vous êtes réveillés ? Vous savez où ce qu’on est ? C’est quoi ce grand déballage ? Pas très confortable cette caisse. Nous entasser comme ça :
elle nous prend pour des sardines ou quoi ?
Ah la voilà. Chouette elle me prend. Ce que j’aime le contact de sa peau chaude et douce, son parfum fruité et
capiteux. J’aime quand elle me caresse pendant des heures pour obtenir le bon réglage. Que va-t-on bien pouvoir photographier
aujourd’hui ?
Tu me poses déjà ? Et sur ce vieux livre en plus ! Sa couverture est toute râpeuse. Beurk ! Mais où
est-ce que je suis ? Et vous êtes qui vous ?
Aaaaahhhh ! Je ne m’y ferais jamais. Cette lampe m’a toujours fait peur avec ses grandes oreilles de vieilles
fourrures grises et sa robe en tissu multicolore. Mais pourquoi est-elle là ? Et ce vieux pot ébréché qu’appartenait à mémé ? Oh mais et cette soupière qui n’a plus qu’une seule
anse ?! Mais qu’est-ce que… ?
Quoi ? Pourquoi il me regarde celui-là ? Tu veux ma photo ? T’arrêtes de me fixer, oui ? T’as un
problème ou quoi ? Et il me touche maintenant ! Ôte tes sales pattes ! Martine, Martine ! L’aut’ fou, là, il me touche ! Martineeeee ! En plus, il a les mains
poisseuses. Beeeuuu. Comment ça il colle son œil. Il a l’œil torve. Je n’aime pas les gens qu’ont l’œil torve. Martine ne le laisse pas faire, bon sang ! Sort du champ et arrête de sourire
bêtement. Mais fais quelque chose : enlève-moi de ses mains ! Je n’ai même pas de pellicule.
Comment ça tu le fais à 100 euros ? C’est de moi que tu parles ? You talking to me ? Ah non, ce n’est
pas ça et en plus je ne suis pas une caméra. M’enfin, c’est quoi ce délire ? Ils marchandent maintenant. 30 euros ! Pfff ! Il me prend pour quoi c’t’âne
là ?
Bon Martine ça a assez duré maintenant. Tu lui dis qu’il est bien mignon mais que je ne suis pas à vendre.
Hein ?! Comment ça okay pour 75 euros. Mais pourquoi tu lui donnes ma maison et que tu m’enfermes dedans ?
Naaaaannnn ! Martine, ça ne peut pas finir comme çà entre nous. Martine, je t’aimais.
Martineeeeeeeee……………………….. Tu sais que j’ai mal au cœur quand on me met là-dedans.
Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : se prendre pour un appreil photo.
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