Les Impromptus

Mardi 27 octobre 2009

A fleur de mots, il y a mes sentiments. Je les sens bloqués, là, en d’dans. Veulent pas sortir sauf à vomir. Veulent pas, l’délire…


A fleur de peau, il y a mes émotions. Je les sens grimper jusqu’m’envahir. Ni veto, ni motion, rien pour les départir.


Y’a rien à faire, juste me laisser défaire par toute cette colère, qui m‘étouffe, qui m’enterre.


Y’a rien à faire, c’est trop amer…


Pour le thème de la semaine des Impromptus : écrire un texte en incluant le groupe nominal "à fleurs de mots".

Par PriscaCoune
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Mercredi 21 octobre 2009

Les feuilles mortes…


Quoi ? Les feuilles sont mortes !


Voui, elles sont mortes, les feuilles. C’est l’automne, tu sais : drôle de saison pleine de couleurs ; celle des feuilles qui meurent ; celle des arbres qui, rendant leurs dernières feuilles, s’effeuillent.


Mouais, pas top top ça. Je ne t’en veux pas, ni rien mais là ça ne me plaît pas. T’as pas d’idées ou quoi ?


J’avoue je n’en ai pas à la pelle des idées. Pas plus à l’appel. Regarde, j’appelle : Idées, idées ? … Mais rien ne vient. A moins…


A moins que quoi ? Laisse, va. Tu ne sais qu’en faire alors ne fais pas. Le prochain appel des Impromptus donnera peut être un coup de pelle à tes idées. Enfin, non, un coup de pouce, désolée.


J’sais pas. Peut être. Pourtant, ces feuilles mortes, là, sur le trottoir, qui s’amoncellent, auraient bien besoin qu’on les débarrasse. Elles pourrissent par cette eau, forment une couche épaisse qui me colle à la peau, et noircissent et le vrai, et le faux…


Ce qui est sympa c’est que t’as l’air d’avoir la pêche en plus. Secoue-toi ! Tu me donnes envie de te donner des coups de pielle au cul !


Tu veux dire des coups de pied ?


Coup de pied, coup de pelle, qu’est-ce qu’on s’en fout ! Tu vois l’idée, quoi !


Au moins, un de nous a des idées. Ça me désole car je voudrais en faire une chanson qui dirait l’amour quand il n’est plus là, les souvenirs qu’on en a et les regrets que toujours on verra ; débarrassés ou pas.


Je vois, oui…


Non, tu ne vois pas ! Tu ne peux pas ! La mer a effacé leurs pas…


J’entends, oui…


Non, tu n’entends pas ! Ce n’est pas possible : le temps, la vie séparent sans bruit…


Mouais, bon heu, moi, j’en ai marre ! Tu veux être désagréable, sois-le mais pas avec moi. Ah ! Muse-toi donc tout seul, Jacques, hein !

(Et la muse s'en va en claquant la porte. Comme quoi...)



Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : débuter son texte par Les feuilles mortes.

Par PriscaCoune
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Jeudi 15 octobre 2009

Boudiou ! On se les gèle ici. Il est quelle heure ? Ah ouais, quand même. J’comprends pourquoi il ne fait pas encore jour. Hey les potos, vous êtes réveillés ? Vous savez où ce qu’on est ? C’est quoi ce grand déballage ? Pas très confortable cette caisse. Nous entasser comme ça : elle nous prend pour des sardines ou quoi ?

Ah la voilà. Chouette elle me prend. Ce que j’aime le contact de sa peau chaude et douce, son parfum fruité et capiteux.  J’aime quand elle me caresse pendant des heures pour obtenir le bon réglage. Que va-t-on bien pouvoir photographier aujourd’hui ?

Tu me poses déjà ? Et sur ce vieux livre en plus ! Sa couverture est toute râpeuse. Beurk ! Mais où est-ce que je suis ? Et vous êtes qui vous ?

Aaaaahhhh ! Je ne m’y ferais jamais. Cette lampe m’a toujours fait peur avec ses grandes oreilles de vieilles fourrures grises et sa robe en tissu multicolore. Mais pourquoi est-elle là ? Et ce vieux pot ébréché qu’appartenait à mémé ? Oh mais et cette soupière qui n’a plus qu’une seule anse ?! Mais qu’est-ce que… ?

Quoi ? Pourquoi il me regarde celui-là ? Tu veux ma photo ? T’arrêtes de me fixer, oui ? T’as un problème ou quoi ? Et il me touche maintenant ! Ôte tes sales pattes ! Martine, Martine ! L’aut’ fou, là, il me touche ! Martineeeee ! En plus, il a les mains poisseuses. Beeeuuu. Comment ça il colle son œil. Il a l’œil torve. Je n’aime pas les gens qu’ont l’œil torve. Martine ne le laisse pas faire, bon sang ! Sort du champ et arrête de sourire bêtement. Mais fais quelque chose : enlève-moi de ses mains ! Je n’ai même pas de pellicule.

Comment ça tu le fais à 100 euros ? C’est de moi que tu parles ? You talking to me ? Ah non, ce n’est pas ça et en plus je ne suis pas une caméra. M’enfin, c’est quoi ce délire ? Ils marchandent maintenant. 30 euros ! Pfff ! Il me prend pour quoi c’t’âne là ?

Bon Martine ça a assez duré maintenant. Tu lui dis qu’il est bien mignon mais que je ne suis pas à vendre. Hein ?! Comment ça okay pour 75 euros. Mais pourquoi tu lui donnes ma maison et que tu m’enfermes dedans ?

Naaaaannnn ! Martine, ça ne peut pas finir comme çà entre nous. Martine, je t’aimais. Martineeeeeeeee……………………….. Tu sais que j’ai mal au cœur quand on me met là-dedans.



Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : se prendre pour un appreil photo.

 

Par PriscaCoune
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Dimanche 11 octobre 2009

Je ne pensais vraiment pas que ce serait si compliqué.

Je m’étais lancée dans cette histoire comme une enfant, insouciante, sans réfléchir et j’en avais profité autant que faire ce peut. Sans jamais me demander ni quoi, ni qu’est-ce. Sans envisager la suite et surtout les conséquences. Comme un poussin tout juste sorti de l’œuf qui respire sa première goulée d’air.

Je n’y ai pas réfléchi parce que tout cela me paraissait être un dû : pour tout ce que j’avais pu endurer avant, tout ce que je m’étais pris dans la gueule au fil des années, sans broncher, presque en souriant. Alors oui j’ai cru naïvement que tout cela était enfin MA part de bonheur, servie sur un plateau d’argent. Que dis-je, sur un plateau de platine ourlé de diamants, faut pas déconner.

Sauf que finalement, ça ne devait pas durer. Ça ne pouvait pas. J’ai pourtant bien essayé d’ignorer les signes. Tous ces petits grains de sable qui venait gripper l’ensemble. Ce si bel ensemble bien trop grand pour moi, pas du tout ajusté, ni ajustable. Rien à faire, ce costume coloré d’amour et de bonheur ne pouvait pas réellement être pour moi.

Putain… Y’a quelqu’un là-haut qui distribue les rôles. Et une fois la distribution faite pas question de revenir dessus. Ta vie sera merdique, ma fille, et quoi que tu fasses elle le restera. Même si l’espace d’un instant, tu croiras voir une étincelle prête à illuminer ta vie d’une lueur différente, la seule chose que tu verras sera l’immensité du chaos.  Une inextricable disharmonie teintée de noir et de gris foncé.

Alors au milieu de tout ça, impossible de trouver le bout du fil pour, le tout, démêler. Rien à faire. Les nœuds sont trop serrés maintenant. J’aurais dû le savoir que ma place ne serait jamais celle-là. Je ne pensais vraiment pas que cela serait si compliqué de changer pour devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un de mieux. Être enfin quelqu’un.

En fait, je n’avais pas pensé. C’est tout.



Sur le thème de la semaine des Impromptus : Bac de noeuds.

 

Par PriscaCoune
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Mardi 29 septembre 2009

Coi

— Tu crois ?

— Bah il me semble bien, oui.

— C’est dingue quand même !

— Pire ! Incompréhensible…

— Mais pourquoi ?

— Si je savais…

— M’enfin vraiment, ça m’en bouche un coin !

— Si ce n’est deux !

— Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

— Rien. C’est trop tard.

— Trop tard !? Oh mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…

— Ne jure pas s’il te plaît. C’est offensant et ça n’y changera rien.

— Excuse-moi. Mais c’est que j’en suis toute retournée !

— Certes. Mais il y a des limites à ne pas dépasser alors surveille-toi, s’il te plaît.

— Oui, c’est promis.

— …

— …

— …

— Rien de rien alors. T’es sûre, sûre, sûre que c’est trop tard ? Il ne reste même pas une petite porte de sortie dérobée ?

— Rien, niet, nada ! Même pas une lucarne planquée au grenier !

— Ha lala lala lala…Si j’avais pu imaginer ça.

— Et moi don’, tiens ! On peut p’u faire confiance à qui que ce soit ! Le monde n’est plus ce qu’il était, ma bonne amie.

— Tu crois ?

— Bah il me semble bien, oui…


Pour les Impromptus sur le thème de la semaine : rédiger un dialogue.
Par PriscaCoune
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