Ecriture Ludique

Mercredi 2 juillet 2008

Je suis née il y a 542 lunes et 7 jours environ.

 

Je suis la fille du coupeur de joints et depuis tout ce temps j’habite la maison Borniol, celle que l’on atteint par l'ascenseur de 22h 43, dernière station avant l'autoroute, proche du Zoo Zumains Zébus (le zoo des z’humains).


J’aime ma vie telle qu’elle est, la cancoillotte, les mathématiques souterraines – mon métier – et faire aussi souvent que possible un pogo sur la deadline. Faut que ça bouge : il n’y a que comme ça que j’oublie un instant le chant du fou.


Avec mes amis - la vierge au dodge 51, la môme kaléidoscope, la fille mineure des 80 chasseurs, une fille au rhésus négatif, les dingues et les paumés – ont passe beaucoup de temps dans nos lieux préférés : l’Alligators 427, le cabaret Ste-Lilith et le Narcisse 81. Là-bas, c’est « autorisation de délirer » sur un bon Rock autopsie ou sur Droïde song, ma préférée.


C’est donc au cours d’une de ces soirées Pulque, mescal y tequila, alors qu’un de mes paumés était enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs), que je terminais ma 113eme cigarette sans dormir et que je m’imaginais un automne à Tanger, que Lorelei Sebasto Cha réapparue. Moi, qui la croyais perdue corps et âmes depuis la fin du Saint Empire Romain Germanique. Elle me conta son exil sur une planète fantôme qu’elle avait atteint par les autoroutes jeudis d'automne, pensant atteindre Tanger… Mais elle était inatteignable cette ville, même par la planète fantôme. Tous mes espoirs déçus s’envolèrent d’un coup.


Et c’est là que j’entamais ma première descente aux enfers par la face Nord au beau milieu du cabaret Ste-Lilith. Mon cerveau me murmurait en boucle : Exit to chatagoune-goune


Et c’est en taxiphonant d'un pack de kro afin de rentrer chez moi, que je pensais à mon amant destroy me demandant encore une fois : « Demain, les kids ? »


« Oui, demain. Demain, je ne sortirais pas… », lui répondais-je invariablement depuis des mois.


Mais je crois qu’il n’y a plus rien à faire… 


Je t'en remets au vent car je ne sais plus quoi faire pour te décevoir.


Ad orgasmum aeternum



Rédigé pour Ecriture Ludique selon la consigne suivante : écrire un texte à l'aide de 35 titres de chansons du "grandissime" Hubert-Félix Thiéfaine !

Que ce soit en prose ou en vers importe peu, la seule "obligation" sera d'utiliser au moins 20 de ces titres sur les 35 proposés.
Les titres figurent en gras dans mon texte et j'ai utilisé les 35 titres. On s'amuse comme on peut ;)

 

Par PriscaCoune
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Jeudi 19 juin 2008
Il éteint la lumière, s'apprête à quitter l'appartement, hésite, s'arrête sur le pas de la porte. Avait-il bien fermé la fenêtre ? D'où venait ce vent qu'il sentait sur sa joue ?
Etait-ce vraiment la bonne décision ?

Il se retourne, rentre de nouveau dans l'appartement et rallume la lumière. Il fait presque nuit tant le ciel s'est assombri.
Pourquoi se poser la question maintenant alors qu'il croyait avoir trouvé la réponse l'instant d'avant ?
Il fallait qu'il s'en aille. Il ne pouvait plus rester. Les choses avaient trop changé pour pouvoir être réparées. Sa place n'était plus ici, comme elle le lui avait signifié.

Il se penche pour ramasser un papier resté au sol. Ou peut être était-il tombé ?

Il y avait vraiment un courant d'air.

Il se dirige vers ce qui avait constitué leur chambre, de là où vient l'air. Il lui semble en tout cas.

Il lui semble qu'il ne peut plus rien y faire.

La pièce semble dévastée tant elle est propre et rangée. Comme s'ils n'avaient jamais existé ici. Comme dans un appartement témoin, un magazine de déco. Son appartement, mais plus encore leur chambre à coucher, n'étaient plus qu'une mise en scène estampillée "inhabitée".

La fenêtre est bien ouverte. Il avait oublié de la fermer. Ce fut fait.

Il s'en retourne vers l'entrée de la chambre et, sans un regard en arrière, ferme la porte lentement.

Il est temps de partir. Elle ne veut plus en entendre parler.

C'est à cet instant qu'il se rend compte avoir conservé le papier tombé à la main. C'est une lettre. Une lettre dont le papier est corné tant elle a été lue.
Cette lettre qui a tout avoué, tout chamboulé ; qui a voulu tout effacer.

Ce devait être le vent qui l'avait emportée au sol.

Elle lui demande de s'en aller, lui demande de ne plus être là quand elle rentrera, vendredi. Elle l'a congédié.

Impossible à comprendre. Hors de question de s'expliquer. Elle ne veut pas entendre : c'est fini, c'est tout.

Il faut qu'il sorte. Il commence à étouffer.

Il se précipite vers l'entrée, éteint la lumière aussi vite qu'il peut, ferme la porte à clef et dévale les escaliers.

Ce n'est qu'une fois dehors, qu'il se prend à respirer de nouveau.

Il reste interdit un instant. Vide.

Puis il s'en va, tête basse, le visage baigné de larmes de solitude et la tête pleine d'une seule question :


Comment (re)commencer quand on ne sait pas finir ?




Ecrit pour la consigne 42 d'Ecriture Ludique : A partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", il s'agit d'écrire un texte qui viendra s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) :

fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.

Par PriscaCoune
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