J’ai parfois l’impression de passer à côté
de toi, de lui, de nous, d’elle ou d’eux ;
d’évènements, de moments ou d’instants ;
de la douceur, de la tendresse, du temps qui passe et Dieu sait qu’il passe ;
de mes envies, de mes besoins ou de mes plaisirs…
Contrainte ou forcée,
par moi ou par d’autres,
je passe à côté, je ne m’en rends même plus compte.
Je passe à côté sans même plus savoir à côté de quoi ou de qui je passe,
tant je ne sais plus quoi vouloir,
tant le temps qui passe et que j’évite de voir
me lasse et m’efface.
Je me passe donc à côté presque chaque jour qui passe sans même plus me saluer,
sans même plus me parler,
tant j’ai peur de m’entendre me répondre que
j’ai parfois l’impression de passer à côté de ma vie.
Je me souris alors mécaniquement pour désamorcer les sanglots que je sens monter et qui m’étouffent,
et je ris pour couvrir les cris de terreur qui résonnent dans ma tête.
Contrainte et forcée, je deviens un moi conforme à la vie en société à côté du moi adéquat, invisible.
Je suis un moi pratique à côté du moi théorique.
Je ne suis qu’un moi monté de toutes pièces à côté du moi sans mode d’emploi.
Dommage pour le mode d’emploi. J’aurais voulu savoir comment passer à côté de mes peurs.